mardi 16 juin 2009

La loi sur l’ouverture des marchés en ligne inquiète le monde hippique

Le budget publicitaire des Paris en ligne donne la mesure de l’enjeu avec un coût d’un montant de 100 millions d’euros. Un investissement très important compte tenu du nombre d’internautes concernés par les jeux d’argent en ligne. Le projet de loi sur le marché en ligne n’a pas fini de faire parles des paris sportifs et du poker en ligne.

Un monde hippique inquiet


Le monde hippique est inquiet. Les courses de chevaux se portent bien. La progression est évaluée depuis une dizaine d’années entre 4 et 7 % par an. Le PMU a su résister et dépasser son concurrent la Française des jeux, il a enregistré un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros en 2008. Mais tout n’est pas joué, l’ouverture du marché en ligne arrive à grand pas. Le titre du projet de loi proposé par Eric Woerth, Ministre du budget est « L’ouverture maîtrisée du marché des paris sportifs en ligne ». Un projet de loi qui répond à la demande formulée par Bruxelles pour mettre en conformité les lois françaises avec les lois européennes.

Pour tous les opérateurs en ligne, Bwin, Unibet, Betclic pour les paris sportifs ou Full Tilt Poker, cette loi est la promesse de gros profits. Par contre, pour les sociétés de courses, la concurrence inévitable inquiète. Quant aux prélèvements sur les paris ils sont de 12 % à 7,5 % des enjeux, ce qui représente un bonus fiscal annuel d’environ 500 millions d’euros.

Le pari mutuel et le pari fixe sont très différents l’un de l’autre, le pari mutuel c’est la cote du cheval qui est prise en compte et qui est calculée à partir des sommes engagées sur le cheval et les joueurs jouent les uns contre les autres, contrairement à la cote fixe, c’est le preneur du pari qui fixe la cote du cheval avant la course. Et la majorité des paris sportifs sur le net sont à cote fixe.

Emmanuel de Rohan-Chabot, Fondateur de Zeturf s’insurge contre la concurrence sur les paris hippiques en ligne car elle encourage les sites pirates. Et, en plus des prélèvements obligatoires opérés par l’Etat, le PMU verse 8 % des enjeux à la « filière cheval ». Il prétend arriver à concurrencer le PMU par ses nouveaux paris. L’installation de Zeturf en France mettra sans doute un frein à la bataille sur la filière hippique qui dure depuis quatre années. Quant à Edouard de Rothschild, Président de France Galop il reste assuré, le nouveau projet de loi lui convient parfaitement.

l'Etat français aide la filière hippique


Jérôme Carrus a annoncé il y a quelques mois que le groupe profitant de l’ouverture des paris en ligne souhaitait devenir opérateur avec de nouvelles formules de jeu en lançant le PMC (Paris Mutuel Club). Il serait le site internet des parieurs experts. C’est le grand père de Jérôme, André Carrus qui fut l’inventeur du PMU en 1931 puis qui créa le tiercé en 1954 et c’est encore le Groupe familial Carrus qui assure la fabrication et la maintenance des terminaux enregistreurs de paris et de leurs logiciels d’exploitation.

L’Etat français donne 500 millions d’euros aux sociétés de courses, France Galop et le Cheval français pour payer leurs campagnes publicitaires. Peut être vont-elles profiter de cet argent pour conquérir des marchés étranger calqués sur le modèle hippique français.